Romans de Lise Marcy

14 février 2019

Events Saison 1 Episode 52

E52

Epilogue James

 

Après notre première rencontre avec Lucy Norman, Annah a beaucoup pleuré. Je lui ai proposé de ne plus retourner la voir. Même si cela occasionnerait qu’une vie sexuelle épanouie entre nous n’arriverait pas dans l’immédiat. Seule elle comptait.

Vince a su nous convaincre qu’il nous fallait poursuivre la thérapie avec elle. Qu’elle était la seule personne en qui, il avait confiance. Nous avons donc repris les séances avec elle et cela a finalement eu un effet bénéfique sur Annah.

Parler à ses proches lui permettait d’avancer. Le bien-être qu’elle avait ressenti en me racontant son histoire, l’avait convaincue du bienfondé de la demande de Lucy.

Nous avons passé de merveilleuses fêtes de fin d’années dans ma famille. Annah a souhaité partager son passé avec eux.

Le lendemain de Noël, elle a pris la parole. Elle était émue.

— Je tenais à vous remercier.

Elle était au bord des larmes.

— Pour la première fois, depuis mes grands-parents, je me sens en sécurité dans une famille. Je n’ai pas eu la chance d’en avoir une normale.

Tous les regards étaient posés sur elle. Je lui tenais la main. Elle a poursuivi.

À six ans, mon père a commencé à...

Elle a pris sa respiration. Elle a pleuré.

— Si c’est trop dur, commençais-je...

— Non, ça ira.

— D’accord.

— Mon père a donc abusé de moi. Pendant plus de huit ans, j’ai subi cela. Ma mère dépressive n’a rien vu ou n’a rien voulu voir. Lorsqu’elle l’a su, elle ne m’a pas crue ensuite. Je l’ai très mal vécu. Maintenant, mon bourreau est en prison. Et j’apprends à me reconstruire. Je suis comme une poupée déchirée à l’intérieur que l’on essaie de recoudre. Et d’une certaine manière, mon couturier c’est James. Je me rends compte de la chance que j’ai, d’avoir un tel homme dans ma vie.

Ils sont tous restés sans voix. Tout le monde l’a écoutée. Puis, ils nous ont tous soutenus. Maman a parlé en tête à tête avec Annah. Je crois qu’elles ont parlé de sa mère.

En ce qui nous concerne, après notre retour de vacances dans ma famille, notre vie sexuelle a pris une nouvelle tournure. Annah et moi avons progressé. Cependant, elle pleurait après chaque rapport. Elle appréciait, c’est ce que j’étais censé retenir d’après Lucy. J’ai tout de même eu du mal à m’habituer à ses pleurs.

 

Six mois plus tard, Lucy a beaucoup contribué à l’amélioration de nos rapports et à notre besoin de repartir à 0. Elle nous a encouragés, prétextant qu’elle ne pouvait plus rien pour nous. Nous avons donc déménagé pour ouvrir notre propre agence à New York. Nous voulions aussi nous rapprocher de ma famille.

Notre agence marche bien depuis trois ans que nous l’avons créé.

Nous nous sommes mariés, le jour de nos un an de couple.

— Chérie, tu peux aller chercher James Junior ?

Notre fils est né il y a un an. Découvrir la maternité a eu un impact sur sa relation avec sa mère. Nous sommes allés à sa rencontre. Annah et elle refont connaissance. Il lui a fallu quatre mois de discussions avant qu’elle ne finisse par lui pardonner. Elle est très présente dans notre vie et s’occupe beaucoup de son petit-fils quand elle vient.

Annah a aussi voulu aller rencontrer son père en prison. J’étais présent avec elle. Il lui a demandé pardon.

— Je sais que tu me détestes. C’est tout ce que je mérite. Tout ce qui me rassure, c’est que tu as rencontré quelqu’un. Merci d’avoir aidé Annah à avancer. Il n’y a pas une seconde où je ne regrette pas ce que j’ai fait. Comment ai-je pu en arriver-là ?

— Je ne savais pas quoi te dire en arrivant. En fait, je veux juste que tu saches que je te pardonne ce que tu m’as fait endurer.

En partant, elle a pleuré.

— Il a tellement changé. Ce n’est plus un monstre. C’est un homme brisé, plein de remords. Je crois que j’ai fait la paix avec moi-même et avec eux deux le jour où j’ai pardonné à Carly.

Depuis ce jour-là, Annah ne pleure plus, lorsque nous faisons l’amour. Elle est épanouie.

Carly vient nous voir tous les deux mois. Annah n’a plus de rancune dans son cœur et elle le vit mieux. Il m’a fallu un peu plus de temps. Je me range toujours du côté de ma femme. Si elle leur a pardonné, pourquoi pas moi ?

Vince nous rend aussi visite de temps en temps.

Alison est devenue la nouvelle PDG de Events et elle s’en sort fort bien. Luc et Stéphanie sont tous deux responsables avec leurs propres assistants. Leur vie a tellement changé depuis cette époque...

— Il n’y a pas à dire, les deux James de ma vie m’ont sauvée ! se confie Annah.

Elle nous observe. Mon fils ressemble beaucoup à sa mère. L'interphone sonne. La nounou arrive. Cette jeune voisine s'occupe régulièrement de James  Junior lorsque nous souhaitons passer une soirée en amoureux. Aujourd'hui, le 14 février, nous tenions à sortir. C'est une date importante pour nous car, en effet, c'est l'anniversaire de ma douce moitié. 

Nous sommes donc tous deux installés dans un excellent restaurant à Manhattan. 

— Bon anniversaire, mon amour commencé-je en lui tendant un petit paquet.

Merci. Tu n'aurais pas dû.

Bien sûr que si...

Je t’aime, mon amour ! finit-elle après avoir découvert son cadeau.

Fin

 

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Events Saison 1 Episode 51

 

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E51

Annah

 

Maintenant que j’ai partagé mon passé avec James, je me sens plus sereine et légère. Je suis heureuse. J’appelle Vince pour lui en parler.

— Oh, j’en suis ravi.

— J’aimerais te le présenter officiellement.

— Si tu veux.

— Et si tu passais ce soir dîner à la maison ?

— Tu ne veux pas voir avec lui d’abord ce qu’il en pense.

— Non. Ce sera une surprise. Il sait tout ce que tu as fait pour moi. Il ne t’en sera que plus reconnaissant.

 — Oh Annah, quel bonheur de te retrouver !

Il ne faut pas une heure à Stéphanie, pour comprendre.

— Je m’en voulais tellement ! ajoute-t-elle.

Quand elle a vu mon état après notre rupture, elle m’a expliquée qu’elle était allée voir James. Je n’ai pas eu besoin de le lui dire, elle a tout de suite compris.

— Non, tu as eu raison. C’est grâce à cela que j’ai pu me livrer à James et que ce matin, j’ai le cœur léger.

— Je suis mal.

— Tourne-toi vers l’avenir.

Je regarde son ventre qui commence à s’arrondir. Elle m’en a fait part deux jours après notre rupture, quand je l’ai surprise aux toilettes en train de vomir. Je vais bientôt devoir lui trouver une remplaçante. Elle est prête pour de nouvelles fonctions et à avoir sa propre assistante. Il en va de même pour Luc à mon avis.

La journée passe vite. Dans l’après-midi, je quitte l’agence plus tôt. Je préviens James que je rentre plus tôt et que je l’attends chez moi à 19h.

« J’ai hâte d’y être. » « Moi aussi. »

Il arrive un peu avant.

— Je dois t’avouer quelque chose.

— Ah, je t’écoute.

— Tu te souviens de l’homme qui a demandé une liberté avancée ?

— Oui, oh mon Dieu. C’est...

— Oui, c’est mon père.

— Tu semblais touchée pour cet enfant, mais si détachée que jamais je ne m’en serais douté.

— Après tout ce que j’ai lu sur lui, j’ai appris à ne plus me sentir concernée. Je le déteste tant.

— J’imagine que tu t’es forgé une carapace.

— C’est cela. Tu dois aussi savoir que nous avons un invité.

— Ah bon ? Qui ?

L’interphone sonne.

Je vais ouvrir.

— James, je voulais te présenter Vince. L’autre homme de ma vie.

Il lui sert la main.

— Je m’en veux. Je n’aurais pas dû vous traiter de la sorte.

— J’aurais sans doute agi comme vous. Vous ne pouviez pas savoir.

Il nous avoue assez rapidement :

— J’ai appelé une consœur afin qu’elle puisse vous suivre. D’ici peu, je suis sûr que ça ira mieux.

Je souris.

— Tu es bien un homme ! Tu ne perds pas de temps !

— Attends, je pense à ton homme ! Trois mois tout de même !

— Bon cela suffit, messieurs... Je vous invite à passer à table.

Vince et James discutent comme s’ils étaient amis depuis toujours. Je suis émue. J’espère vraiment que sa consœur saura m’aider. Ma libido de samedi matin a disparu aussi vite qu’elle est arrivée. Je n’ose pas en parler à James. Il n’a pas cherché à aller plus loin, tellement mon histoire l’a retourné. Il doit, quand même, pouvoir bénéficier d’une petite amie qui l’aime sans réserve.

Au départ de Vince, je me dois d’être honnête avec lui.

— Tu aurais dû en profiter ce week-end...

— Tu n’as plus envie ?

— Si. C’est...

Il ne me laisse pas poursuivre.

— Pas de souci. Viens, allons nous coucher ! Maintenant que je sais de quoi il s’agit, je serai encore plus patient.

Quelques jours plus tard, nous rencontrons Lucy Norman.

Elle a une quarantaine d’années. Elle connait déjà mon histoire par Vince. Elle nous invite à nous asseoir. Elle nous met en confiance immédiatement.

— Je n’ai pas de formule miracle garantissant que cette semaine votre vie aura radicalement changée. En revanche, je suis sûre que ça viendra. Quand ? Vous seule le définirez. Une chose est certaine pour cela, il vous faudra faire la paix avec votre passé.

— En quoi cela consiste ?

Je crains le pire.

— En pardonnant à votre mère et à votre père.

— Pardon ? s’étonne James.

Vince m’ayant à plusieurs reprises demandé d’y réfléchir, je me doutais qu’il s’agissait de cela.

— Oui. Commencez par votre mère.

— Vous n’espérez quand même pas qu’elle aille rencontrer ce monstre ? James s’offusque.

Je commence à trembler, en imaginant cela. Je pose ma main sur la sienne.

— Cela n’arrivera jamais, vous m’entendez, jamais ! hurlé-je.

James semble aussi inquiet que moi.

— Viens, on s’en va ma chérie.

 

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13 février 2019

Events Saison 1 Episode 50

 

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E50

James

 

— Avant que je ne te raconte, il faut que tu saches que tu ne m’as jamais rendu malheureuse. C’est la situation qui était difficile. Pas la vie avec toi.

Je suis terrifié par son secret. Je n’ai jamais, ne serait-ce qu’une seconde, envisagé cette éventualité.

— Mon père a abusé de moi. C’est lui qui m’a fait du mal.

Je suis stupéfait, consterné par son aveu.

— Quand est-ce que ça a commencé ?

— J’avais six ans.

— Aussi jeune ?

— Quand ma mère est tombée enceinte de mon frère.

— Tu as un frère ?

— Non.

— Je ne comprends pas.

— Vince m’a expliqué que ce n’est pas ma faute, mais j’ai tellement prié pour qu’il s’en aille qu’il est parti.

Là, j’ai l’impression d’être face à un enfant. Elle se recroqueville sur elle-même.

À huit mois de grossesse, Carly a perdu mon frère. On était bien tous les trois. Je ne voulais pas de lui. À ce moment-là, elle a commencé à déprimer et comme elle ne remplissait pas son devoir conjugal, mon père s’est naturellement tourné vers moi.

— Seigneur, c’est affreux !

Elle parle sans aucune émotion. Elle est détachée de son histoire.

— C’est ce qu’il m’expliquait. Que c’était pour maman. Que je devais la remplacer et remplir le devoir conjugal. Pour moi, c’était donc normal. Même si j’avais mal.

Je ferme les yeux. C’est un véritable cauchemar.

Sa voix se brise. J’ai réveillé tous ces démons. Je ne veux pas imaginer ce qu’il lui a fait subir. Elle sanglote. Elle n’arrive plus à maîtriser ses émotions. C’est normal. J’ai envie de la prendre dans mes bras. Ce n’est pas encore le moment. Si elle s’effondre, elle ne poursuivra pas son horrible histoire.

— Jusqu’à quand ?

— Mes quatorze ans. Ma mère ne m’a jamais crue. Un jour, je lui en ai parlé, elle m’a traité de menteuse. J’avais neuf ans. Elle l’a répété à papa qui m’a battue. J’aurais pu être sauvée plus jeune.

— En effet.

Je comprenais mieux et partageais son animosité envers sa mère.

— Je n’imaginais pas qu’on pourrait me croire. J’étais avec mes grands-parents maternelles et il y avait une scène d’amour à la TV. Ils ont changé de chaîne. Je ne comprenais pas pourquoi. Je leur ai appris qu’avec papa, je faisais bien pire que ça. Ils m’ont regardé choqués.

Ces souvenirs sont douloureux pour elle. Ils lui rappellent à la fois, des personnes qu’elle aimait, qu’elle a perdues et le monstre qui lui a fait du mal.

— Vous non plus, vous ne me croyez pas, comme maman ?

— Oh ma chérie, si on te croit.

Elle marque une pause.

— Ils ont appelé la police et depuis l’enfer s’est transformé.

Elle parle en revivant l’histoire. Elle est à la fois narratrice et elle fait la voix des personnages aussi. On pourrait croire à une pièce de théâtre.

— Tu connais toute mon histoire.

Je la prends dans mes bras.

— Je te demande pardon, lancé-je.

Je me sens coupable qu’elle revive ces horribles moments.

— Non, tu n’as pas à t’excuser de quoi que ce soit. Tu ne m’as jamais rien fait. Toi, tu es génial.

Elle se niche contre ma poitrine. Elle humidifie vite les poils sur mon torse nu.

— Je me suis toujours senti protégée et en sécurité avec toi.

— Tu peux. Je te jure de te protéger maintenant et pour toujours.

— L’éternité c’est long, tu sais...

— Tu peux être plus précise ?

— Me supporter toujours, c’est comme espérer vivre pour l’éternité. Heureusement, un jour ça s’arrête toujours.

— Je suis prêt à te supporter pour l’éternité.

Je l’embrasse avec passion.

— Depuis mes quatorze ans, je n’ai eu que toi dans ma vie.

— Nous prendrons notre temps. Inutile de te presser.

— Et si je te disais que j’avais envie de toi ? J’ai toujours eu envie, c’est la peur qui me bloquait. Tu réveilles des souvenirs. Pourtant les sensations sont plus excitantes et saines qu’avec mon père.

— Tu me désires ?

— Oui. J’ai envie de toi maintenant.

J’attends ce moment depuis si longtemps. Ce matin, je suis trop bouleversé pour cela. C’est comme si me raconter son histoire, l’avait libérée.

— Je ne peux pas. Ton histoire m’a complètement enlevé toute envie.

— Tu ne veux plus de moi ?

— Bien sûr que si. C’est maintenant que je ne me sens pas en mesure d’assurer et d’assouvir ton envie.

— D’accord.

Nous passons le week-end à discuter de ce qu’elle a vécu. Je suis outré, bouleversé. Je m’en veux pour Vince. Comment aurais-je pu savoir ?

Lundi, au petit matin, je lui demande :

— Tu veux aller bosser, ou tu veux te reposer ?

— Non, on y va ensemble.

Elle est bavarde et me parle de sa journée à venir comme si elle ne venait pas de partager avec moi, la partie la plus terrible de sa vie. Ça a été comme une thérapie. Un déblocage en elle. Je la sens amoureuse, même si elle ne me l’a pas encore ouvertement avoué.

On passe sous la douche ensemble pour gagner du temps.

Je suis tout dur. Elle prend mon membre entre ses mains. Elle est sérieuse, là ? Elle me caresse en me regardant droit dans les yeux jusqu’à ce que j’aille au bout. Je ne m’y attendais pas. J’ai vidé ma tête et savouré cette branlette qu’elle m’offrait.

— Merci. Ai-je vraiment mérité cela ?

— Merci à toi de m’avoir poussé dans mes retranchements. J’ai passé des nuits blanches à ressasser. Je savais que c’était le moment de faire la paix avec moi-même et de me pardonner en avançant dans la vie avec toi à mes côtés.

— C’est une belle déclaration d’amour.

— Je t’aime, James.

Mon cœur bondit de joie. Il est prêt à exploser.

— Je t’aime aussi, Annah, mon amoureuse.

On sort de l’eau. Je la sèche et nous nous préparons rapidement. Nous passons chez Spencer’s prendre un café corsé en vue de la journée qui nous attend et nous nous quittons dans l’ascenseur. Un baiser et elle s’en va.

Sa tristesse a disparu de ses yeux. Elle est comme métamorphosée. Ma muse est magnifique. Plus rien ne pourra nous séparer.

A suivre...

 

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Events Saison 1 Episode 49

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E49

Annah

 

Je suis, devant lui, assise sur le canapé. Je repense à la dernière soirée que l’on a passée ensemble, trois jours plus tôt. À 19h, lorsque je suis montée le chercher, j’ai senti comme un grand froid entre nous. Il était assis, seul dans la pièce. Son regard était absent. On aurait dit qu’il ne voulait pas rentrer. D’habitude, il vient me chercher et m’attend. C’est assez rare que j’aille le rejoindre avant notre départ. Il avait le regard triste. C’est ce que je vivais depuis des jours. Je suis perdue sans Vince et lui ne peut pas le comprendre.

— Je t’écoute.

James me ramène au moment présent.

Je déglutis. J’ai la gorge sèche. Je ne veux pas le perdre. Il me faut partager avec lui mon secret. Ce secret que Vince et Betty sont les seul à connaître de mon entourage. Vince est le seul à savoir gérer ce genre de situations.

Il doit sentir que j’ai besoin de me détendre.

— Tu veux un café ?

— Oui, s’il te plaît.

Il part en cuisine, nous préparer un café chacun. Il connaît mes goûts en la matière donc il le prépare toujours de la manière que je le bois.

Je suis frappée par mon égoïsme. Cet homme a toujours été à mon écoute. Il m’a avoué ses sentiments. Il me les a aussi montrés de mille façons.

J’ai la gorge nouée. Je n’ai moi-même pas été capable de lui dire combien il comptait pour moi. C’est le moment de le lui prouver. Encore plus fort que les mots.

Il me tend une tasse fumante. Mes mains sont tremblantes lorsque je la récupère. Non parce que j’ai froid, tout simplement parce que je suis effrayée.

— Vince et moi n’avons jamais vécu une relation amoureuse. Il est homosexuel. Tu serais plus son type que moi, souris-je pour dédramatiser la situation.

— Tu me l’as déjà appris.

J’essaie de gagner du temps. Trois jours entiers dans le noir. C’est encore pire que de perdre Vince. Je n’en ai parlé à personne. Je subis une nouvelle fois la tristesse de plein fouet. Aujourd’hui, c’est mérité !

— Alors quel est votre lien ?

— Nous avons développé une relation de père et fille. Enfin, moi. Je le vois comme le père que je n’ai jamais eu.

— Ton père n’est pas mort, pourtant ?

— Non, explosé-je. J’aurais préféré qu’il le soit. J’ai prié un Seigneur qui n’existait pas pour qu’il le soit...

Il est surpris. Ses yeux prennent une teinte que je ne leur connaissais pas. Elle lui va bien. Il ne bouge pas. Moi, je suis démolie intérieurement et sans doute extérieurement aussi. Démolie de supporter cela, de revivre cela.

Je bois une gorgée chaude de mon breuvage pour reprendre un peu de contenance.

— Vince est psychologue. Il me suivait. Il a pris sa retraite, il y a un an. Je suis la seule patiente qu’il a gardée. C’est pour cela que depuis, nous nous rencontrons dans des lieux publics la plupart du temps. C’est rare qu’il vienne chez moi. Quand tu nous as vu la dernière fois, j’avais besoin de calme. Notre relation est spéciale.

Il est sous le choc. Il n’avait jamais imaginé cette éventualité.

— Depuis quand as-tu commencé cette thérapie avec lui ?

— J’avais quatorze ans, quand je l’ai rencontré.

L’assistante sociale m’a déposée chez lui. J’ai refusé de lui parler pendant quatre séances. Il m’effrayait. Les deux premières fois, je suis restée debout devant la porte. Il me proposait tous les jours de m’asseoir. J’ai toujours refusé. Le troisième jour, je me suis assise à l’autre bout de la pièce. Et le quatrième, je me suis installée sur la banquette où j’ai passé des heures assise ou allongée à pleurer. Il a fini par me demander :

— Tu n’as rien à me dire ?

— Non.

— Alors raconte-moi ce que tu ressens.

— Je déteste tout le monde et c’est réciproque.

— C’est un bon début. Pourquoi ce rejet de tous ?

— Parce que vous n’êtes pas au courant ?

— Je veux que ce soit toi qui m’en parles.

— Je ne peux pas.

— Si tu le peux. Je te crois, moi !

— Pourquoi ?

Je ne comprenais pas que personne en dehors de Pati et Mani ne m’ait crue.

— Parce que tu es une victime. Et je sais reconnaître un enfant qui simule d’un qui est sincère.

— Vous êtes sûr ?

J’étais sceptique.

— Oui. Et je ne te ferai jamais de mal. Tu as ma parole.

— Il disait ça, lui aussi...

Il m’a raconté bien plus tard qu’il savait que j’aurais parlé. Il me laissait me familiariser avec lui et à son environnement avant d’entamer la conversation. Le juge a opté pour un homme pour que je réapprenne à vivre sans avoir peur de tous.

— Annah, que t’est-il arrivé ?

J’entends la voix de Vince et de James se superposer.

— On m’a fait mal...

— Quoi ?

Là, je ne suis plus que devant James.

— Tu veux dire que...

J’acquiesce. Une énorme boule se noue à nouveau dans mon estomac. Les larmes se libèrent. Je n’arrive plus à les calmer.

 

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12 février 2019

Events Saison 1 Episode 48

 

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E48

James

 

Cela fait presque trois mois qu’Annah et moi sommes ensemble. Noël approche. Nous passons maintenant toutes nos soirées chez moi, mais ne couchons toujours pas ensemble à proprement parler. Elle me fait du bien, je ne peux le nier. J’en veux clairement plus.

— Tu es prête à partir ? lui demandé-je.

— Je suis désolée de ne pas être comme toutes les autres femmes.

— Alors, parle-moi !

— Je ne le peux pas.

Elle tremble. Elle est malheureuse à cause de moi. Avant de sortir avec moi, sa vie était épanouie. Du moins, c’est ce que m’a appris Stéphanie. Il y a deux jours, elle a déboulé dans mon bureau. Ses mots résonnent encore. Je n’arrête pas d’y penser.

— Quand les gens sont en couples en général, ils sont heureux. Depuis qu’Annah est avec vous, elle est malheureuse.

Je suis tombé des nus. Je la croyais heureuse avec moi.

— Qu’entendez-vous par là ?

— Elle est grincheuse. Elle a même arrêté de voir Vince.

— Oui, ce qui est normal dans la mesure où elle est avec moi.

— Il lui faisait du bien. Je ne sais pas ce qu’il représentait pour elle, mais il maintenait un certain équilibre dans sa vie qu’elle n’a pas avec vous. Hier, elle n’a pas été très productive à son goût et elle a explosé en pleurs. Sans oublier qu’elle me parle mal... Bref, je ne la reconnais plus.

Elle était terriblement inquiète pour son amie. Je suis blessé par ses mots, voire humilié.

— Elle ne m’en a rien dit !

— Elle n’est pas heureuse avec vous. Désolée patron, mais je pense qu’elle a peur de vous quitter. Sans doute, qu’elle craint que vos relations se dégradent.

Je n’avais rien à ajouter. Que répondre à cela ? Annah est donc malheureuse avec moi ?

— Ok, j’en prends note.

Elle m’a salué et s’en est allée.

Je l’ai observée hier soir et en effet, elle n’est pas bien. Elle est triste pour je ne sais quelle raison. Je n’ai pas tenté quoi que ce soit.

Nous marchons vers le bureau et chacun s’arrête à son étage.

Nous ne nous croisons pas de la matinée. Je décide de ne pas déjeuner. Je me noie dans le travail et je suis très productif. J’arrive à l’oublier. Dans l’après-midi, j’ai besoin de me détendre. Nous avons une nouvelle salle de sport. J’ai envie de m’y détendre. Je me connecte à une station locale et commence mon entraînement. Une chanson débute et j’ai l’impression qu’elle a été écrite pour nous.

« Je veux te voir sourire. Je sais que ça signifie que je dois partir. J’y ai beaucoup réfléchi. Je veux que tu sois plus heureuse, je dois m’en aller. »

J’ai le cœur lourd. Je n’ai pas d’autre choix. Je la télécharge et l’écoute en boucle. Je m’imprègne des paroles qui nous caractérisent. Je souffre énormément. Pourtant, il n’y a pas d’autres échappatoires.

Le soir, nous sommes silencieux dans mon bureau. J’ai retardé l’échéance.

Ni elle, ni moi sommes de bonne composition.

Je la prends dans mes bras. Elle ne s’y attendait pas. Je sors mon portable et passe la chanson. Cette chanson qui lui expliquera tout. Elle l’écoute entièrement et lorsqu’elle lève la tête, elle est en pleurs et moi aussi. Je n’imaginais pas que ce serait si difficile. Je l’aime tant. Elle compte tant pour moi. Elle est tout ce que j’ai toujours désiré. Cela ne peut pourtant plus continuer ainsi.

Je pose mon front sur le sien. J’enlace son cou de mes mains et lui murmure.

— Tu n’es pas heureuse avec moi. Nous savons tous les deux que c’est ton passé qui en est la cause. Je ne peux pas t’en vouloir de ne pas avoir confiance en moi. Je n’ai pas su être digne d’elle. Peut-être qu’un jour, tu trouveras quelqu’un qui réussira ou peut-être as-tu besoin de ton cher Vince.

Ma voix se brise sur son prénom. Je me racle la gorge.

— Si c’est de lui que tu as besoin, recommence à le fréquenter. Dès demain, nous redeviendrons de simples collègues. Je te souhaite le meilleur Annah.

Elle ne prononce pas un mot. Je reprends.

— J’aurais aimé que tu me fasses confiance. J’espère qu’un jour, tu me parleras. Au moins, pour que je comprenne. Même si, nous deux, c’est fini.

Je la relâche et je m’en vais sans me retourner.

Je passe la nuit à ressasser ma relation avec elle. Je suis fou de cette femme, mais je ne pouvais pas continuer ainsi.

Il y a trois jours, qu’on est séparé. Ma peine est immense. Chaque réveil est insoutenable. Je suis l’ombre de moi-même. L’agence entière a compris. Nous n’avons ni l’un ni l’autre, à ce que j’ai pu comprendre, rien officialisé auprès des collaborateurs. Luc est le seul qui a compris. Stéphanie, sans doute aussi. Chaque jour suffit sa peine. Je travaille pour oublier et c’est mon seul répit. Le soir, rentré dans mon appartement, c’est plus compliqué. Ma mère m’a appelé. Je n’ai pas répondu.

Le week-end arrive enfin. Je prépare un sac pour partir à New York quand quelqu’un tambourine à ma porte.

Il est cinq heures du matin. Est-ce Annah ? Va-t-elle tout me raconter ? Va-t-elle me demander de l’aimer ?

J’ouvre la porte. C’est bien elle.

Elle m’observe quelques secondes. Elle a les yeux explosés. Je me rends compte que je suis encore en caleçon. Il fait frais d’un coup. Je meurs d’envie de la serrer dans mes bras. Ce n’est pas une bonne idée. Je ne suis pas rasé.

— Je vais tout te raconter.

Ai-je bien entendu ?

— Vraiment ?

— Oui. Je suis prête. Je ne veux pas te perdre.

Je suis heureux. Mon pouls s’accélère. Je m’efface devant elle

— Entre !

A suivre...

 

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Events Saison 1 Episode 47

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Annah

 

J’ai failli perdre James. Notre relation est importante pour moi. Il est ce qui aurait pu m’arriver de meilleur. Il est patient. Il m’écoute.

J’ai beaucoup apprécié cette visite de New York et surtout la rencontre avec sa famille. Ils sont proches les uns des autres. Nous avons promis à sa mère de revenir pour Noël. Je n’ai eu aucun mal à accepter cette adorable invitation.

Nous sommes installés dans le canapé de James.

— John s’est excusé auprès de Susan. Elle accepte de lui donner une nouvelle chance.

— Je suis contente pour eux.

— Je crois qu’il a vraiment eu peur. Il aime sa femme et ne veut pas la perdre.

— Quelquefois, il nous faut cela pour avancer, ajouté-je.

— En effet.

Je pose ma tête sur ses genoux et lui me caresse le visage avec douceur et délicatesse. Nous restons un moment ainsi à regarder la télé. Nous avons des moments de tendresse qui sont plaisants.

Vince me manque terriblement. Aller dans la famille de James a fait remonter tous mes démons à la surface. Je cauchemarde souvent. Je dors assez mal. Il me réconforte chaque nuit. Je pleure, tremble quasiment à chaque fois. Je n’arrive pas à gérer ces émotions sans Vince.

Je suis irritée pour un rien et Stéphanie paye souvent les pots cassés. James aussi cela dit, même s’il ne s’en plaint pas...cette contrariété est de plus en plus récurrente. J’ai beau essayé de me contenir. Très souvent, je n’y arrive pas.

Hier soir, Betty m’a réconfortée. Elle m’a donné le carton d’invitation pour le mariage en février de sa fille. J’étais ravie. J’ai horreur de ce que je deviens. Une femme aigrie, qui pleure pour un rien. Je n’arrive plus à refouler mon mal être. C’est plus fort que moi. Avec Vince, je réussissais à canaliser tous ces sentiments néfastes pour moi. Je ne le contacte pas. Je refuse de tricher, mentir. James ne le mérite pas. Il ne mérite pas non plus une femme aussi peu agréable. Il s’en rend compte et ne sait pas comment faire. Je n’ai moi-même pas la clé pour guérir.

Les décos de Noël à l’agence, dans les rues ne suffisent pas.

Une seule chose me ravit dans ce chaos, c’est que le monstre qui avait demandé une remise de peine a été débouté. Un malade en moins dans nos rues.

Carly n’a pas recherché à me joindre non plus. C’est déjà ça. Ce serait bien trop difficile à gérer.

 

Un soir avant de rentrer, Stéphanie me questionne. Je n’ai pas envie de m’étendre sur le sujet.

— Pourquoi ne veux-tu pas m’expliquer ce qui ne va pas ? Depuis plusieurs jours, tu n’es pas de bonne humeur.

— Rien. Tu te trompes.

— Je ne crois pas, non. Ça ne va plus avec James ?

— Non, ce n’est pas lui. C’est moi. Ça passera avec le temps. Ne t’en fais pas !

Ma voix vrille. Il faut que je sois forte, que je tienne.

— Tu m’inquiètes !

— Il n’y a pas de quoi !

— Mais...

— Mais, merde à la fin. Laisse-moi vivre !

Je suis énervée et je m’en prends à elle. Je regrette immédiatement mon attitude. Elle est vexée par la violence de ma tirade. Je comprends que j’ai été trop loin.

— Excuse-moi.

— C’est bon. Je ne te questionnerai plus !

— Steph !

— Non, c’est bon ! J’ai bien compris.

— C’est à cause du dossier Tonioli, mens-je. Je n’arrive pas à voir le bout.

— Je vais rentrer.

J’explose en prenant mon sac. Elle ne m’a jamais vu dans cet état.

— Je n’arrive pas à être productive. Je suis un vrai boulet.

Je n’ai rien trouvé d’autre à dire.

Elle est triste. Elle s’approche et me prends dans ses bras.

Puis, elle me laisse seule dans le bureau. Je suis chagrinée. Je sors mon téléphone, prête à appeler Vince. L’image de James apparait. Je raccroche avant la sonnerie.

 

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11 février 2019

Events Saison 1 Episode 46

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E46

James  

 

Je suis allongé sur mon lit. Je n’arrive pas à croire que Annah soit partie. Elle ne m’a même pas laissé une chance de m’expliquer. Comment peut-elle penser que j’aime Dona ? Je pensais lui avoir prouvé à maintes reprises mes sentiments à son égard. Je ressens comme un immense vide.

La porte s’ouvre. Je ne tourne pas la tête.

— Maman, laisse-moi s’il te plaît ! Je n’ai pas envie de parler maintenant.

 — Je vais donc te laisser.

Annah ? Suis-je fou ?

Je tourne la tête pour la découvrir.

Je bondis hors du lit et la rejoins avant qu’elle ne s’en aille.

— Non, reste !

Un silence s’installe entre nous.

Elle baisse les yeux. Il faut que je lui parle.

— Tu n’es pas partie, finalement ?

— Non. Dona et ton frère ont réussi à me convaincre de rester.

Je suis sous le choc.

— Vraiment ?

Je suis étonné. John et Dona sont allés chercher Annah ?

— Oui.

— Comment ?

— Ils sont persuadés que tu m’aimes moi et non, elle !

— Tu en penses quoi, toi ?

— Je voulais te laisser la chance de t’expliquer, sans t’interrompre.

Je souris. Je la reconnais bien là.

— Ils ont raison. Tu es ce que j’ai de plus précieux. Dona a essayé de m’attraper dans ses filets. Elle n’a pas réussi parce que mon cœur appartient à une autre.

Elle ne prononce pas un mot. Elle est émue. Elle me serre fort dans ses bras.

— Je ne suis vraiment pas un cadeau, hein ?

— Non. Cela ne m’empêche pas de tenir à toi.

— Merci James. Merci de m’aimer, malgré tout ce que tu endures par ma faute.

— J’ai les reins solides.

Mon cœur bondit de joie sous ma poitrine.

— Tu veux toujours qu’on aille visiter le MoMA ?

— Et comment !

Elle ne m’a pas exprimé ses sentiments. Je ne doute pas d’eux pour autant.

 

Je laisse Annah se réapproprier les lieux. Je rejoins John et le remercie chaleureusement.

Je le prends dans mes bras. Il est aussi ému que moi.

— Merci, mon frère. Merci de ne pas toujours être un con borné.

— Ce n’est pas toujours évident.

— J’espère que tu vas tout faire pour sauver ton couple !

— Je vais essayer en tout cas.

— Elle t’aime. Elle te pardonnera. En revanche, tu vas devoir arrêter définitivement tes conneries. Tu en as conscience ?

— Oui, soupire-t-il.

Toute la famille est ravie de voir que les choses sont finalement rentrées dans l’ordre. Après le déjeuner, nous partons visiter la statue de la liberté. Annah est subjuguée par sa vue spectaculaire. Le ferry lui rappelle Seattle. Puis, nous continuons vers le MoMA. La visite est exactement comme elle l’imaginait. Elle s’émerveille de tout. Le musée est spacieux et elle ne rechigne pas à marcher. Elle s’extasie devant La Bohémienne Endormie, du Douanier Rousseau, devant La Nuit Etoilée de Van Gogh ou encore Broadway Boogie Woogie de Mondrian.

Les sculptures, les tableaux rien n’échappe à ses yeux. On imagine une gamine qui vient d’ouvrir ses cadeaux de Noël.

— C’est encore plus extra que dans mes rêves les plus fous. Le MoMA est vraiment un lieu incontournable à New York selon moi.

— Je suis d’accord. Ado, quand j’avais des exposés à faire. Je venais ici pour choisir les œuvres que je prévoyais de commenter. Une de mes œuvres préférées, c’est Carré Blanc sur Fond Blanc. Je l’ai toujours trouvé profonde. Il faut un culot monstre pour y avoir pensé. Je me suis toujours demandé d’où cette idée avait-elle pu venir ? Malevitch est un grand. Il m’a sans doute insufflé l’envie de travailler dans la pub. Je me suis longtemps questionné sur comment vendre un tel produit ? Je suis parti dessus pour ma thèse.

— Vraiment, tu as osé ?

— Oui. Le jury m’a trouvé fort prétentieux et fou sans doute. J’ai défendu mon travail à tout point de vue lors de l’entretien quand ils ont cherché à me déstabiliser. J’ai même cru en sortant que j’étais bon pour refaire une année. Au lieu de cela, j’ai été plébiscité.

— Waouh. Je suis épatée. Je n’aurais jamais pris de risques.

— C’est ce que j’aime. Cette adrénaline de tenter quelque chose de fou.

Son visage se ferme.

— Je ne suis donc qu’une expérience pour toi ?

Comment peut-elle se comparer à une œuvre ?

— Non. Je ne connaissais pas ton passé avant de te connaître. D’ailleurs, je ne le connais toujours pas. Tu m’intrigues et tu comptes énormément pour moi. Dans ma propre vie, je ne suis pas aussi patient. Tenter des choses folles quand elles n’atteignent pas mon cœur, oui. Là, ce n’était vraiment pas voulu.

— Excuse-moi. Je n’aurais pas dû t’accuser.

Elle attrape ma main.

— Je t’offre un café ?

— Avec plaisir.

Elle ne lâche pas ma main avant que nous soyons installés dans le bar du MoMA. Nous commandons du café et du gâteau.

— Quel délice !

— C’est aussi bon qu’à Spencer’s, ajoute-t-elle.

— Tu ne serais pas un peu chauvine ?

— Juste un peu !

Nous rentrons. Ses yeux sont pétillants de joie.

 A suivre...

 

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Events Saison 1 Episode 45

E45

Annah

 

Il fait si froid et pourtant je ne le ressens pas. Seule une vive douleur saisit mon cœur. Celle de la trahison. Notre histoire est compliquée, certes. Je pensais tout de même qu’il se battrait pour nous. Qu’il commençait à m’aimer. C’est la douche froide.

Il était avec elle hier soir. Dieu sait ce qu’ils ont pu faire. J’ai dû lui paraître ridicule quand je lui ai donné du plaisir. Je passe ma main sur mon visage.

— Ça va, Annah ?

Je ne me sens pas de lui mentir.

— Non, Kate. Ça ne va pas du tout. J’ai si mal.

— James n’est pas John.

— Je sais, ta mère m’en a parlé.

En effet, lorsque Dona est apparue ce matin, elle m’a suivie dans la chambre.

— Puis-je entrer, Annah ?

Comment dire non alors que j’étais chez elle ?

Elle s’est assise sur notre lit et m’a invitée à la rejoindre.

Elle a attrapé mes deux mains et m’a regardée droit dans les yeux.

— Annah, je ne défendrai pas John auprès de Susan. Il savait ce qui l’attendait. En ce qui concerne James, c’est différent. Mon fils est un homme honnête. Il m’a certifié qu’il n’avait rien fait avec Dona. Je l’ai vu dans ses yeux. Il n’avait pas besoin de me le dire. Je le savais.

— Peut-être, mais il la désire.

— Il a vécu trois ans avec elle. C’est la première fois qu’ils se revoient depuis longtemps. Avouons-le, elle est magnifique en plus, non ?

— En effet !

— Pour autant, il est amoureux d’une autre femme.

Amoureux ? Elle se trompait.

— Vous vous...

Elle ne m’a pas laissé le temps de finir.

— Non Annah, je ne me trompe pas. Il est bel et bien amoureux de toi.

— Il vous en a parlé ?

— C’est inutile. Il suffit d’interpréter ses attentions, ses gestes envers toi. Il a appris à faire des cookies. Il te touche tout le temps, au bras, à l’épaule, au visage... Sa façon de te regarder est tout aussi explicite. J’ai 57 ans, j’ai eu cette chance de connaître l’amour à deux reprises. Je peux te garantir que James est amoureux de toi.

J’ai été sidérée par une telle révélation. Nous n’avons encore jamais parlé de sentiments. Ce matin, était-ce qu’il voulait me dire avant l’arrivée de Dona ? Je doute.

Il fallait que je le voie. J’ai remercié Kristen et suis allée le rejoindre. John m’a dit qu’il était dans le bureau.

Je les ai découverts enlacés. Mon cœur s’est brisé instantanément. Kristen se trompait. C’est Dona et non moi qu’il aimait encore. Il ne me restait plus qu’une chose à faire : m’en aller. En sortant de la pièce, tout était clair dans ma tête. J’ai demandé à Kate si elle pouvait m’accompagner à l’aéroport. Elle a accepté. Je suis vite allée sur internet réserver un billet pour partir le plus rapidement possible. Quand il m’a rejoint, je ne lui ai pas laissé le temps de parler. J’ai immédiatement pris les devants.

Maintenant, après avoir dit au revoir à Kate, me voilà seule en train d’attendre mon avion. Mon cœur saigne.

— Annah, tu ne peux pas t’en aller comme ça.

Je me retourne. Que fait-il là ?

John est devant moi, avec Dona apparemment. Ils se moquent de moi ?

— Je suis désolé. Je me rends compte que j’ai merdé. J’ai voulu me venger.

— Je n’ai pas dit à ta femme de te quitter. Elle m’a demandé comment j’aurais réagi. Je n’ai pas su lui mentir. Mais je lui ai bien fait comprendre que je n’étais pas elle. Je suis désolée pour votre couple.

— Je suis un crétin. Je l’ai compris. Mon frère est quelqu’un d’extraordinaire et c’est toi qu’il aime.

— Non, c’est elle !

— Oh non, répond-elle.

— Quoi ?

Elle est sérieuse ?

— C’est moi qui vous ai trahis. Quand mon frère m’a appris que vous n’aviez pas encore couché ensemble, il n’en parlait pas comme un reproche. Il partageait tout simplement une info avec moi. À ce moment-là, j’ai su qu’il t’aimait. J’ai été jaloux quand Susan m’a quitté. Je l’ai culpabilisé en te mettant tout sur le dos. Puis, j’ai appelé Dona pour te donner une bonne leçon.

— J’ai vite compris que je n’avais aucune chance. C’est moi qui l’ai embrassé. Il a eu peur quand il a vu que tu nous avais surpris. J’étais jalouse. Alors je l’ai embrassé. Je voulais tout tenter. Il n’a rien ressenti. Je l’ai vu. Il aurait été impensable qu’il reste aussi longtemps avec toi sans coucher avec toi, s’il ne t’aimait pas. Quand John m’en a parlé, j’ai compris que son cœur appartenait à une autre. Je n’ai pas voulu y croire. C’est un homme génial et il mérite d’être heureux. Il ne mérite pas que tu le quittes. Pas à cause de nous !

Je ne peux retenir mes larmes.

— Merci.

Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Il m’a prouvé son amour de mille façons. Je suis si égoïste !

— Tu veux qu’on te ramène ?

— Oui, s’il vous plaît.

 

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10 février 2019

Events Saison 1 Episode 44

E44

James

 

Je suis en colère et ne mâche pas mes mots.

— Qu’est-ce que tu fiches là ?

— Je voulais vérifier que tu étais bien rentré après ls soirée que nous avons passé ensemble.

Mes yeux se tournent vers Annah.

— Annah, ce n’est pas du tout ce que tu penses...

— C’est donc ta frigide ? Je m’attendais à une femme avec plus de style.

Les yeux de Annah s’ouvrent grands.

Elle se retourne et quitte la pièce. Je m’apprête à la rejoindre.

Ma mère, qui était aussi dans le salon, me stoppe.

— Gère Dona, je m’occupe d’Annah !

Elle semble en colère.

— Maman, je te jure que je ne l’ai pas trompée.

Elle se radoucit.

— Je sais chéri. Tu n’as pas à te justifier. John, nous en reparlerons... ajoute-t-elle.

Le ton de ma mère suppose qu’elle a bien compris que c’était lui qui était derrière cette histoire.

— Moi ?

— Oui !

Elle quitte la pièce.

Il ne reste plus que Dona, John et moi.

Après toutes ces semaines, Annah et moi commencions enfin à avancer. J’ai passé un moment magique grâce à elle. Il a suffi d’un rien et je suis prêt à m’en contenter le temps qu’elle accepte plus et Dona vient tout gâcher. J’en veux à mon frère et à Dona de tenter de ruiner notre relation.

— Qu’est-ce que tu lui as raconté ,John ? abois-je.

Elle sait qu'Annah est frigide, mais connaît-elle vraiment les détails ? 

— J’avais bu, je n’en sais rien.

Je soupire. Il ment.

— Suis-moi, Dona ! Nous serons tranquille pour discuter dans le bureau.

Dès notre arrivée, je lui lance :

— Que sais-tu ?

— Que ta petite amie ne te comble pas sur le plan sexuel. Qu'elle ne couche pas avec toi !

John, quel enfoiré !

— Que tu m’aimes encore...

Je suis perdu. Il y a une heure, je ne doutais pas de mes sentiments pour Dona. En l'observant, je ne suis pas insensible à son charme. Je chasse ces idées de ma tête. Je ne l’aime plus. Je le sens au plus profond de moi.

 — Non Dona, tu te trompes. Je ne ressens plus rien pour toi.

— Tu me regardes avec désir.

— Tu es une belle femme. Je ne peux le nier. Cependant, je te trouve trop maquillée. Tu as eu ta chance. Je t’aurais tout donné. Je t’ai aimée, vraiment ! Je m’apprêtais même à te demander en mariage. Heureusement, tu as tout gâché. J’en suis ravi, car avec le temps, j’ai compris que tu n’étais pas celle que je recherchais.

Son regard s’attriste. Elle a des remords ? J’ai du mal à y croire. Je ne suis qu’un homme.

— Je n’ai fauté qu’une fois. Je te le jure.

— Je te crois. Nous avons eu de bons moments.

Elle se jette sur moi. Elle glisse ses mains autour de mon cou et m’embrasse. Ce baiser est doux et agréable. Je ne ressens rien. J’en ai la certitude. Dona et moi, c’est bel et bien fini.

Annah entre dans la pièce. Je repousse Dona.

Elle a les yeux tristes. J’ai mal de la voir ainsi.

Elle repart. Je la suis. Je la rattrape dans la chambre.

— Je vais m’en aller. C’est ce que je venais t’annoncer.

— Quoi ?

— Oui. Je pense que tu dois donner une chance à ton ex. Elle te plaît encore et il est évident que tu lui plais.

 — Tu te...

— Non, je ne veux rien entendre. Je sais sonder les gens. Je vois ce qu’ils ne voient pas. Votre histoire n’est pas encore finie et je n’ai rien à t’offrir.

— Bien sûr que...

— Non. Finis le séjour avec ta famille. On fera le point ensemble lundi, si tu veux. Kate va m’amener à l’aéroport. J’ai trouvé un billet pour dans deux heures. On doit s’en aller.

— Je peux t’y amener.

— Non, merci.

Elle m’en veut. Je suis mal. Je l’aime. Je n’ai pas eu le courage de le lui dire.

Elle va s'en aller avec ma sœur. Je retrouve Dona qui discute avec John. Je lui en veux.

 — Toi aussi, tu t’es fait larguer ! Ce n’est pas drôle, n’est-ce pas.

— Tu n’es qu’un sale con ! Susan a bien fait de te larguer. Tu ne la mérites pas. Contrairement à toi, je n’ai rien fait de mal !

Son air suffisant disparaît.

Je me tourne vers Dona.

— Dona, ton baiser m’a permis d’avoir la certitude que nous deux, c’est fini ! Je te souhaite de trouver celui que tu cherches. Ce n’est pas moi.

— Tu l’aimes, hein ?

— Oui.

Son visage se fait plus doux.

— Tu n'aurais pas dû la laisser s’en aller.

Je la prends dans mes bras.

— Merci. Je vais la retrouver lundi. Les choses vont certainement s’arranger.

Je ne suis pas vraiment convaincu. Je suis si abattu.

— Tu as réussi ton coup, John. Tu as de quoi être fier de toi ! conclus-je.

Je les laisse et me réfugie dans ma chambre vide imprégnée de son odeur.

 A suivre...

 

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Events Saison 1 Episode 43

E43

Annah

 

Je suis dans une grande pièce blanche. James est avec moi. Je suis saisie par un détail. Nous portons tous deux une alliance. Nous sommes donc mariés. Quel doux rêve ! Il connait  mon secret et m’a épousée tout de même ? Il n’y a aucune pitié dans ses yeux. Que de l’amour.

Un second détail attire mon œil.

Il est passé derrière moi. Ce n’est pas possible. c’est même  bel et bien impossible. Je suis enceinte. Il a les mains mon ventre et nous posons pour une photo. Un homme nous bombarde avec ses flashs. Je suis à l’aise. Je pose à mon tour mes mains sur mon ventre arrondi. Un bien être s’empare de moi.

Une larme de bonheur coule. Je suis si épanouie. Je me trouve même belle. Je me suis juré de ne jamais avoir d’enfant. Pourtant, je ne peux le nier, cette vision est sublime. Une vie parfaite pour des gens parfaits. Est-ce vrai ? Pourquoi est-ce que je ne me souviens pas de mon mariage ? D’avoir fait l’amour avec lui ?

— Je n’aurais pu être plus heureux ! me déclare-t-il.

Je suis émue. Il m’embrasse. Un tourbillon de bonheur s’empare de moi. Il me prend dans ses bras et m’emmène dans notre chambre. L’homme qui prenait des photos, disparait. James me pose sur notre lit. Mes cheveux lâchés très longs, s’étalent un peu partout. Il est si délicat, si doux avec moi.

Il prend tant de précaution pour me déshabiller. Je frissonne de plaisir. Du plaisir ? Vraiment ? Et pour moi ? Il caresse chaque partie de mon corps avec sa bouche. Ce dernier lui répond de manière significative. Mes seins durcissent. Mon pouls s’accélère. Ma respiration s’intensifie. Il ne m’a jamais quittée des yeux et il ne faut pas longtemps pour que nous atteignons l’orgasme ensemble. J’explose de joie. Est-ce réel ? Je ferme les yeux dans cette atmosphère paradisiaque. À mon réveil, ce sentiment de bonheur ultime a disparu. Je suis allongée près de l’homme que j’aime. Il est rentré tard. Je me suis endormie à deux heures du matin.

Je n’ai plus d’alliance à mon doigt. Le retour à la réalité est brutal. Il me colle et je sens l’objet de son désir pour moi sur mes fesses.

Je ne peux m’empêcher de me retourner et d’attraper son membre.

Ce qui le réveille à son tour.

Il m’observe. Il est préoccupé. Par quoi ? Il est sans doute juste fatigué. Il ne prononce pas un mot comme s’il avait peur de rompre la magie. Je commence des va-et-vient avec ma main. Il halète. Il ferme les yeux et se laisse aller. Je prends mon temps et explore pour la première fois son sexe. Je fixe son visage et guette la moindre émotion. Je vois ce qui lui plaît. Quand je le sens prêt, j’accélère le mouvement. En quelques secondes, il explose. Mes mains se retrouvent humides. Je ne m’arrête pas avant que les soubresauts qui se sont emparés de son corps cessent. À ce moment-là, il ouvre les yeux. Il me sourit.

— C’était comment, osé-je ?

— Magique. Je ne suis vraiment pas déçue de notre première fois.

Cela a pour effet de me faire éclater de rire. Lui aussi.

— Merci.

Sa respiration retrouve son calme.

— À quoi dois-je ce si beau cadeau ?

— À un rêve !

— Tu me racontes ?

— Disons que dans celui-ci, nous faisions l’amour.

— Oh, un rêve érotique ?

Je rougis.

— Oui.

— Et cela t’a émoustillée ?

— Assez, oui, avoué-je.

— Je pourrais aussi t’offrir le même plaisir ?

Je secoue la tête en signe de négation. J’ai beau passer une nuit extraordinaire dans mon rêve, je ne me sens pas encore prête...

— Mais, je te promets que si tu veux que je renouvelle l’expérience, ce sera un plaisir.

— Je pourrais en abuser ?

Il ne perd pas le nord.

— Autant que tu veux. Comme il parait que tu es un fou de sexe, le taquiné-je.

— Je ne suis pas non plus une bête...

— Juste un homme !

— Un homme comblé.

 — Pour ça ?

 — Nous avançons et c’est un super cadeau pour moi.

 — Tant mieux alors.

Ses yeux ont pris une nouvelle teinte. Ils sont comme dans mon rêve. Ils sont remplis d’amour ? C’est mon interprétation. Il ne m’a jamais dit qu’il m’aimait.

Le réveil indique qu’il est déjà neuf heures.

Je me lève pour prendre ma douche. Quand je finis, il y va à son tour.

Nous sommes fin prêts. Il est neuf heures trente.

— J’ai une faim de loup, annoncé-je.

— Je dois t’avouer quelque chose avant.

— Ah !

Je suis intriguée.

— Annah, il faut que tu saches que...

Quelqu’un frappe à la porte.

— James, tu as de la visite.

C’est John. Il vient de rompre le charme.

Il me baise une main.

— On reprendra notre conversation, ce soir si tu le veux bien ?

— Bien sûr.

— J’arrive, hurle-t-il à son frère.

Je suis intriguée.

Lorsque nous arrivons dans le salon, son ex petite amie attend. Elle est sublime. Il est tout blanc. Que veut-elle ?

— Bonjour James, ou plutôt rebonjour.

Il perd toutes ses couleurs. Moi aussi par la même occasion.

 

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